Éloge de l'oisiveté

L'Éloge de l'oisiveté est un essai de Bertrand Russell publié pour la première fois en 1932 dans Review of Reviews. Sa longueur est à la mesure du sujet traité, en effet il ne compte que 5026 mots dans sa version originale.


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  • qui a fait de longues journées de travail toute sa vie s'ennuiera s'il est tout à coup livré à l'oisiveté. Mais sans une somme énorme de loisir à sa... (source : gburri)
  • Il y aura assez de travail à accomplir pour rendre le loisir délicieux, ... Bertrand Russell, Eloge de l'oisiveté. Allia, 2002, p 32-38.... (source : in-nocence)

L'Éloge de l'oisiveté (titre original : In Praise of Idleness) est un essai de Bertrand Russell publié pour la première fois en 1932 dans Review of Reviews. Sa longueur est à la mesure du sujet traité, en effet il ne compte que 5026 mots dans sa version originale.

Thèse de l'auteur

La thèse principale en est que l'homme observe un culte non raisonnable du travail qui l'amène à travailler encore plus, ce à quoi il faudrait mettre un terme.

Il défend cette thèse par deux arguments principaux :

Le premier est que la valeur du travail est un préjugé moral des classes privilégiées qui estiment que l'absence d'activité conduirait la majorité des hommes, en particulier ceux des classes les plus pauvres, aux désœuvrement ainsi qu'à la dépravation. En conséquence, il serait dans l'intérêt des hommes d'être exploités.

Le second est que la production industrielle est actuellement suffisante pour assurer, avec un minimum de travail, les besoins de l'ensemble des êtres humains. La rationalisation de la production en temps de guerre a démontré qu'un petit nombre de personnes peut produire l'indispensable pour toute une population. A plus forte raison, si ce travail est partagé par toute la population, il s'ensuit qu'un individu n'a pas besoin de travailler énormément pour produire les ressources indispensables à la vie, et même le superflu.

Russell affirme en conséquence que quatre heures de travail par jour suffiraient à faire vivre toute la population dans un confort suffisant alors que le reste du temps serait consacré au loisir, à l'oisiveté. La conception du loisir ou de l'oisiveté chez Russell se rapproche de l'otium latin loué par Sénèque.

Ce loisir serait consacré à l'ensemble des formes de cultures (des plus populaires aux plus intellectuelles) dont la pratique serait encouragée par une éducation libérée. D'autres thèmes connexes affleurent dans le livre : le pacifisme, la politique (que Russell tourne en dérision), la dénonciation des propriétaires fonciers qui vivent dans l'oisiveté aux dépens des autres, la dénonciation du régime soviétique (Union soviétique) qui obéit aussi au dogme du travail et cela de manière autoritaire, le culte de l'efficacité, le problème de l'enfermement des intellectuels dans leur sphère, éloignés de la réalité du travailleur et de l'éloignement du travailleur du bon loisir (celui non passif et enrichissant la civilisation).

La notion de congés non plus comme simple récupération indispensable au corps, mais comme opportunité de découvrir de nouvelles expériences de vie est aussi présente, avec trente ans d'avance sur ce qu'on nommera plus tard la civilisation des loisirs.

Notons que Russell reprend l'exemple de la produit d'épingles d'Adam Smith avec un brin de moquerie.

Citations

Bibliographie

Voir aussi

Liens externes

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